LES ANNÉES NOIRES
Espace A

 

 


La France morcelée
L’armistice aura pour conséquence de diviser la France en 4 parties dont 2 importantes: l’une occupée par les Allemands, l’autre dite “libre”. La ligne de démarcation les sépare (elle est représentée par les plaques de fer qui coupent la salle en deux). La zone occupée englobe le nord de la France et représente les 3/5 du territoire national et annexe toute la façade atlantique. L’occupant réquisitionne tous les lieux qui permettent de loger ses troupes.
La zone libre qui se trouve dans le sud de la France est administrée par l’état français à Vichy. (Lorsque les troupes allemandes s’installent dans la capitale, le gouvernement quitte Paris pour s’installer à Vichy) Pour franchir cette ligne de démarcation, il fallait être muni d’un laisser-passer ou “Ausweitz”, qui était délivré par les autorités allemandes. La région Rhône Alpes était sous le contrôle des troupes d’occupation italiennes jusqu’en septembre 1943, date à laquelle l’Italie signe l’Armistice avec les Alliés.

Dès le débarquement allié sur le territoire français d’Afrique du Nord, en novembre 1942, la zone libre sera investie par les allemands. La France sera totalement occupée par l’ennemi.

 

 


L'exode
L’invasion du territoire par l’armée allemande en mai et juin 1940 provoque la fuite massive vers le sud de nombreux habitants du nord et de l’est de la France : c’est l’exode (se reporter aux vélos). A la signature de l’armistice, la plupart des réfugiés rejoignent leur domicile. Ils les retrouvent parfois pillés, mais pas toujours par l’armée allemande, il y a aussi des soldats pillards dans l’Armée française en déroute. Cet exode a fait beaucoup de victimes civiles car elles étaient des cibles très faciles pour l’aviation allemande. Beaucoup de français vont trouver la mort sur ces routes de France.

 

 

 

Les restrictions
La pénurie a plusieurs origines:
- la guerre a interrompu les échanges internationaux (un blocus est instauré par les États Unis, les colonies françaises n’ont plus de relations avec la métropole.)
- le commerce est désorganisé en France car le pays est coupé en deux, les échanges entre les régions fonctionnent mal à cause de la ligne de démarcation qu’il faut franchir.
- les conditions de l’armistice imposent l’entretien des troupes d’occupation.
On fait donc des réserves (la baignoire à tout faire), des tickets de rationnement apparaissent car les denrées telles le sucre, le café, les pâtes, se font rares.
Certains peuvent se procurer, avec de l’argent, ce que le rationnement ne peut leur fournir grâce au marché noir. En ville, les cours des prix au marché noir, sont cinq fois supérieurs aux prix officiels.

 

 

 

La propagande
La radio va tenir un rôle prépondérant pour la communication en temps de guerre. Certains Français font l’acquisition de leur 1er poste.
Ils peuvent écouter 2 types d’émissions selon leurs convictions :
- les radios françaises: Seules radios autorisées par le gouvernement de Vichy, elles diffusent toutes les heures, les communiqués, des bulletins d’informations. Elles permettent aussi, au chef de l’état français de s’adresser directement à ses concitoyens, pour dénoncer les actes de résistances nationales, pour approuver la Révolution nationale, pour les encourager à partir pour l’Allemagne. Une campagne d’affiches les invite à devenir de bons citoyens du gouvernement de Vichy, en dénonçant les résistants, les juifs, les personnes qui abritent des familles juives... .La presse nationale et la radio sont à la botte des nazis.
- Radio-Londres : interdites d’écoute sous peine d’arrestation, les émissions de la France libre contredisent la propagande du régime de Vichy. Des messages codés sont transmis aux résistants. Cette radio donne espoir aux Français en rendant compte des succès des troupes alliées. Malgré le brouillage des émissions par les allemands, malgré les risques de dénonciations et de descentes, les français se retrouvent, chaque soir, un peu plus nombreux, autour des postes, à l’heure des émissions de Radio Londres. De plus, les alliés parachutent des tracts qui invitent les français à continuer la lutte, à travers des actions de guérilla, à faire circuler des journaux clandestins, à cacher des armes, des pilotes alliés, à installer des postes de liaison...

 

 

 

Les peurs
Les Français vivent dans l’angoisse des bombardements, des contrôles, des perquisitions, des rafles.

Les bombardements :
La France occupée subit les bombardements anglais et américains qui visent les installations utilisées par les Allemands. Dans les villes, le hurlement des sirènes avertit les habitants du passage des avions. Ils vont alors se réfugier dans les caves des immeubles ou dans le métro.
Les contrôles, les perquisitions :
Pendant l’occupation, chacun peut être dénoncé par une personne de son voisinage, des milliers de lettres arrivent dans les bureaux de police, les préfectures, les kommandanturs. Elles dénoncent d’abord les communistes, les francs-maçons, les juifs. Des milliers de personnes vont disparaître à la suite de ces dénonciations. Lors de ces contrôles, les personnes sont amenées dans des locaux pour y être interrogées, très souvent avec violence.

 

 

Le couvre-feu
En zone occupée, le couvre-feu est instauré et oblige à ne pas être dehors à certaines heures de la nuit. Cette mesure de défense passive visait à camoufler les éclairages pour se dissimuler des avions alliés. C’est pour cela que l’éclairage des rues est très réduit, et les lumières des appartements sont occultées par des tentures que l’on accroche aux fenêtres. (se reporter à la tenture accrochée au mur)

 

 

La Déportation
Pour l’ensemble des juifs vivant en France, les décisions du gouvernement ont des conséquences dramatiques.
Le 3 octobre 1940 : un statut des juifs français est promulgué, il est rendu encore plus sévère le 2 juin 1941.
Ce statut exclut les juifs français des fonctions politiques, de la fonction publique, de la magistrature et de l’armée. Ils n’ont plus le droit d’exercer de responsabilité au niveau culturel et dans les entreprises. Les juifs étrangers qui se sont réfugiés en France, sont assignés à résidence par les préfets.
A partir de 1942, le port obligatoire de l’étoile jaune est prescrit aux juifs, ils doivent la coudre sur leurs vêtements et la porter en permanence. Les juifs sont exclus de tous les lieux publics (théâtre, métro, cinéma, jardins publics, dans les tramways une rame leurs est réservée...) En zone libre, les troupes d’occupation italiennes n’imposent pas le port de l’étoile jaune aux juifs jusqu’en septembre 1943. A cette date, les italiens signent l’armistice avec les alliés, et ce sont les troupes allemandes qui les remplacent.
Ces décrets sont pris par le gouvernement de l’Armistice qui veut montrer sa bonne volonté envers les autorités nazies. Ces statuts font écho aux lois antisémites appliquées en Allemagne (les lois de Nuremberg de 1935).
En Allemagne, le régime nazi décide, tout d’abord, d’exterminer toutes les “bouches inutiles de la société” c’est-à-dire les malades mentaux sur lesquelles sont expérimentés les gaz mortels.

L’idéologie nazie prône l’existence de 2 races :
- La race supérieure ou la race arienne, c’est-à-dire les Allemands. Ils se considèrent de sang pur, comme étant les maîtres du Monde, donc les personnes à qui on doit obéissance.
-La race inférieure, c’est-à-dire les juifs et les tziganes mais aussi les gens de couleur, les homosexuels et les Polonais : ils sont considérés de sang impur, ils doivent donc travailler sous les ordres des Nazis avant d’être exterminés
Peu à peu des rafles sont organisées tout d’abord en Allemagne puis en France (rafle du Vel d’Hiv), ou avec l’aide du gouvernement de Vichy, des convois de juifs sont envoyés vers des camps d’internements (Drancy), puis vers des camps de concentration (Dachau, Ravensbrück, Auschwitz, Birkenau...).
C’est en tout 6 millions de juifs qui seront exterminés par les nazis, dont 1500 000 juifs de nationalité française dans les camps de la mort, dans les chambres à gaz.
A la libération, lorsque les Alliés délivrent les prisonniers de ces camps d’ extermination*, le monde entier découvre avec horreur, les images de ces rescapés des camps de la mort. Un procès va s’ouvrir à Nuremberg en 1945 pour juger les criminels accusés de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité.

 

 

La collaboration
Après la signature de l’armistice à Montoire en octobre 1940, le gouvernement français accepte de collaborer avec les autorités allemandes. Il instaure une politique qui fait écho à celle appliquée par les nazis. On met en place des mesures antisémites, on pourchasse les résistants. Le gouvernement crée une police de l’état, la Milice. Celle-ci est chargée de pourchasser les juifs et les opposants au gouvernement de Vichy, les sympathisants du Général de Gaulle.
L’évocation de la collaboration artistique est nécessaire. En effet, les allemands aiment beaucoup faire la fête, et certains propriétaires de lieux de détente n’hésitent pas à collaborer avec l’occupant afin de ménager leurs affaires et d’obtenir des passe-droits de la part de l’administration allemande. De plus, beaucoup de personnes du milieu artistique, littéraire et du music-hall ont collaboré avec les nazis. Cela leur permettaient de continuer de mener un train de vie mondain. Même pendant ces années de privation, des restaurants approvisionnés par le marché noir, continuent à recevoir tous les soirs, les officiers nazis et leurs amis français.

 

 

La Résistance
Certains Français refusent la collaboration du régime de Vichy et préfèrent continuer le combat.
Le STO va servir de détonateur à la Résistance, les effectifs vont augmenter brusquement devant l’affluence de ces jeunes réfractaires. (STO : Service du Travail Obligatoire instauré par Laval qui mobilise 3 classes d’âge pour partir travailler en Allemagne. Ce système a été mis en place pour satisfaire la demande de main d’oeuvre car “la relève” installée en 1942 par le gouvernement français fonctionne mal. Ce système de la “relève” visait à recruter des volontaires pour partir travailler en Allemagne en échange de hauts salaires et du retour des prisonniers de guerre.)
Cette mesure sera sans succès et sous la pression des autorités nazies, Laval instaure le STO. C’est un pas de plus dans la collaboration.
La résistance s’organise, la vie dans les maquis est difficile, mais ces hommes sont bien déterminés à se battre jusqu’au bout.
Lors du débarquement du 6 juin 1944, l’ordre de mobilisation est lancé à tous les maquis de France. Ils harcèlent les troupes allemandes et intensifient les opérations de représailles sur l’ennemi.
Lors de la libération de Paris, le 25 août 1944, bon nombre de résistants vont s’engager dans l’Armée française et suivre les troupes de la libération jusqu’en Allemagne.
Le 30 avril 1945 Hitler se suicide avec sa femme dans son blockhaus.
Le 8 mai 1945, l’Allemagne signe sa capitulation qui met fin à 6 années de conflit.